Cinéma et bioéthique : Etre plus ou moins un sujet

Comment vivre avec le coeur d’un.e autre ? Le clonage reproductif est-il par essence immoral ? Peut-on fixer des critères pour décider si une vie mérite d’être vécue ? Doit-on se réjouir ou s’inquiéter des projets transhumanistes ? Faut-il dépénaliser l’euthanasie et le suicide assisté ? Les problèmes politiques peuvent-ils avoir des solutions techniques ? La loi concernant l’anonymat des donneurs de sperme doit-elle être modifiée ? Peut-on attendre des biotechnologies qu’elles nous rendent plus intelligents ? L’eugénisme peut-il prendre des formes légitimes ? A partir de vingt-huit longs métrages de fiction appartenant à des genres divers, l’auteur montre comment le cinéma peut nous aider à penser les problèmes moraux et politiques relatifs aux progrès des biotechnologies. En incarnant les grandes questions dans des formes esthétiques et des récits singuliers, le septième art nous incite à nous méfier des réponses soi-disant évidentes et d’une application trop mécanique des " grands principes ". Il nous invite plutôt à cultiver le sens de l’hésitation. La perplexité produite par le contact avec les films ne porte pas seulement sur les valeurs morales, mais aussi sur le statut même de sujet. A sa manière, chacun des longs métrages analysés questionne les concepts d’identité, de connaissance de soi, de souveraineté, de conscience, ou encore de personne. Est-il toujours aisé de fixer la frontière entre les sujets et les choses ? Au terme d’un parcours nourri par le doute, il apparaîtra que les enjeux ontologiques, éthiques et esthétiques sont, du moins au cinéma, inséparables.