Colloque National Corps , culture et cancer

le vendredi 30 septembre 2011 de 09:00 à 16:00

Institut Paoli-Calmettes
Salle de Conférence du Centre d’Information, de Prévention et de Consultation en cancérologie
15 bd Lei Roure
13009 Marseille

Renseignements et inscription

Institut Paoli-Calmettes
Département Enseignement et formation
Courriel : chacalm@marseille.fnclcc.fr
Tel : 04 91 22 33 59 - Fax : 04 91 22 38 55

inscription Com&CO Lionel Vaillat
9, boulevard Kabylie - 13016 Marseille
Inscription en ligne : cliquez-ici


"J’te raconte pas..." Des histoires de cancer

« A raconter ses maux, souvent on les soulage. »
Pierre Corneille, Polyeucte

Le problème, avec le cancer, c’est qu’il atteint des sujets qui pensent.
Antonino Ferro ajouterait que « pour notre espèce, le problème est d’avoir une psyché » et plus encore, une psyché rudimentaire, qui a besoin de tant de temps pour s’instituer, de tant de liens pour se tisser.

Le problème avec le cancer, c’est qu’il force les sujets à penser. Ceux qui en sont atteints, ceux qui leur sont proches, ceux qui les soignent et tous ceux qui les croisent ou les croiseront, un jour ou l’autre.

Le problème avec le cancer, c’est qu’il nous raconte des histoires : il nous embarque de représentations en croyances, nous perd en conjectures, nous isole, nous rapproche, nous sidère, nous fascine, il nous fait parler aussi, il dicte ses maux.

Il se la raconte le cancer, il s’y croit, tout puissant, invulnérable, immortelle cellule dupliquée à l’infini, envahissante. Il a l’art de raconter des histoires de peine et de douleur, mais parfois aussi des chroniques de vie et de victoire. « Et si vous deveniez un héros » clame-t-il !

Ils se racontent leur cancer, les malades, ils frayent tous avec ce besoin de dire, de mettre en récit leur cancer, d’écrire le roman de leur maladie, roman épique, autofiction, recherche de sens, le cancer n’existe pas, seul mon cancer a droit à la parole, à l’attention, aux bons
soins. Le problème qui se pose aux malades n’est pas de raconter leur cancer, mais d’être écouté et compris. Ce que Semprun, dans « l’écriture ou la vie » formule magistralement : « Un doute me vint sur la possibilité de raconter. Non pas que l’expérience vécue soit indicible. Elle a été invivable, ce qui est tout autre chose… Autre chose qui ne concerne pas la forme d’un récit possible, mais sa substance, sa densité. Ne parviendront à cette substance, à cette densité transparente que ceux qui sauront faire de leur témoignage un objet artistique, un espace de création. Ou de re-création… »

C’est de ce travail de co-création dont il sera question dans cette journée. En quoi l’acte soignant se situe exactement là, à déconstruire
ce nouvel ordre narratif qu’institue le cancer, en quoi ce « voyage au bout du désordre » qu’incise cette maladie se remanie de sa mise en mots, en quoi le récit - « ce gardien du temps » écrit Ricoeur - de sa maladie par le malade, mais tout autant la participation active, émotionnelle et empathique du thérapeute, psychologue, psychanalyste, psychiatre, constitue une nécessité transculturelle et existentielle.

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