Impact des méthodologies de génomique à haut débit sur le diagnostic prénatal : nouvelles applications, nouveaux problèmes soulevés

le mercredi 21 mars 2012 de 09:30 à 12:30

Collège de France
11, place Marcelin Berthelot
75231 Paris Cedex 05

Renseignements et inscription

site Web www.college-de-france.fr


Table ronde "Impact des méthodologies de génomique à haut débit sur le diagnostic prénatal et le diagnostic préconceptionnel de maladies génétiques : nouvelles applications, nouveaux problèmes soulevés."

Alors que la recherche de mutations génétiques était jusqu’ici une technique relativement lourde et couteuse, les nouvelles techniques de séquençage haut débit rendent ces tests beaucoup plus faciles et bon marché. Des méthodes, déjà développées aux USA (Callum J et al. Carrier Testing for Severe Childhood Recessive Diseases by Next generation sequencing, Sci Transl Med 2011 ; Srinivasan BJ et al A Universal carrier test for the long tail of Mendelian diseases, Nature Precedings 2010), permettent de rechercher les mutations pour plus de 400 maladies différentes en une seule fois.

Les concepteurs de ces techniques proposent de les utiliser pour le diagnostic préconceptionnel de couples à risque de maladies génétiques sévères. Il s’agit dans ce cas de proposer très largement à tous les couples souhaitant procréer, une analyse de leur ADN. Dans le cas où les deux parents potentiels sont porteurs de mutations impliquées dans une même maladie (ou présence de mutation chez la femme sur un gène de maladie liée au chromosome X), il peut leur être proposé soit de recourir à un diagnostic préimplantatoire, auquel cas ils devront faire appel à l’AMP, soit à un diagnostic prénatal au cours de la grossesse à venir. De telles stratégies avaient été déjà utilisées depuis longtemps dans des populations à haut risque pour des maladies génétiques spécifiques (et notamment beta thalassémie dans des pays méditerranéens, maladie de Tay Sachs chez les juifs ashkenases), et ont fait diminuer de manière très importance l’incidence de ces maladies dans ces populations, mais l’extension envisagée est un changement d’échelle, en terme des populations et des maladies visées (et les exemples cités ne concernaient pratiquement pas la France)

Parallèlement, de nouvelles méthodes (développées à Hong-Kong et aux USA) permettent aujourd’hui d’analyser au cours d’une grossesse, l’ADN du fœtus présent dans le sang maternel, de façon donc non invasive et relativement précoce (à partir de 10-12 semaines). La première application qui est validée est le dépistage non invasif de la trisomie 21. En combinant cette technique avec la recherche de mutations par séquençage, il deviendra envisageable de procéder à des diagnostics prénataux précoces et portant sur un spectre très large de pathologies.

Dans le cadre législatif actuel français, ces technologies ne sont pas applicables, DPN et DPI étant réservés à certaines familles à risque (à l’exception du DPN pour la trisomie 21, avec condition d’âge ou de test biologique ou échographique indiquant un risque, pour une prise en charge par l’assurance maladie).


Table ronde