Figures et postures de l’éthicien

le vendredi 14 juin 2013 de 08:30 à 18:00

UNIVERSITÉ JEAN MOULIN LYON 3
MANUFACTURE DES TABACS, Salon des Symboles Sud (1er étage).
6, cours Albert Thomas.
Lyon 8ème, Métro D, station Sans Souci.

Renseignements et inscription

Inscriptions obligatoires par mail, dans la limite des places disponibles :
j.chvetzoff@hotmail.fr


Grandeurs et limites de l’institutionnalisation de l’éthique en santé.

Si aujourd’hui l’ensemble des politiques publiques plaident pour la mise en place d’une « démocratie sanitaire » au sein du milieu hospitalier, il apparaît que ce modèle n ’ interroge pas uniquement l’institution hospitalière et son
personnel mais qu’elle met en crise la figure de l’éthicien. Ce d’autant plus
que la dénomination même « d’éthicien » met mal à l’aise ceux qui ont pour profession l’éthique.

En effet, qui est « éthicien » ? D’où tient-il sa légitimité pour se revêtir de
ce titre ? Notre malaise face à cette dénomination vient-elle d’une crise de
l’autorité qui fragilise toutes les figures pouvant la représenter ? Ou alors ne traverse-t-elle pas toute l’histoire de la philosophie et ce dès Platon, lorsque Protagoras dit à Socrate qu’il ne peut y avoir d’expert en moralité. L’éthicien est-il un sachant (philosophe, théologien, médecin), réfléchissant à partir d’un savoir théorique et produisant des principes ? Apte à élaborer des raisonnements éthiques grâce à une connaissance intellectuelle ? Un
homme de raison pensant l’universel ? Est-il au contraire un homme de
terrain, sachant incorporer le pathos dans ses raisonnements ? Un homme
d’expérience pensant la casuistique ? Est-il un rhéteur ? Un homme qui
enracine sa pensée dans une éthique procédurale ? Doit-il être herméneute ? Porte-parole des médecins ou avocats des patients ?

A l’heure où en France, la loi et le dispositif qualité déployé par la HAS et l’ANESM s’emparent de la question de l’éthique pour l’institutionnaliser et
l’évaluer, les différentes façons de penser e t de faire l ’éthique s’affrontent. Le législateur et le politique se sont donc emparés du questionnement sur la figure de l’éthicien pour tenter d’organiser le débat éthique. Pour ce faire, mission a été donnée aux ARS de recenser les différentes structures éthiques afin de choisir celles qui seront financées par les aides publiques. En ce sens, le questionnement sur la figure de l’éthicien est donc aussi politique et idéologique. Quelle sorte d’éthique faut-il promouvoir : utilitariste, « principiste » , déontologique , herméneutique, procédurale, clinique, éthique de la narration ? Faut-il préférer les espaces éthiques, les
comités éthiques, les experts, les consultants en éthique ou encore les
consultants d’éthique clinique ? Est-il possible par l’institutionnalisation de
promouvoir une alliance entre ces différents modèles ?

Mais institutionnaliser l’éthique n’équivaut-il pas de la faire rentrer dans le lit de Procuste, et donc de mutiler la réflexion éthique ?


Programme de la journée