Le soin au malade, une activité et une attention réparatrices »,

le vendredi 26 avril 2013 de 17:30 à 19:00

Institut Paoli-Calmettes
Salle de Conférence du Centre d’Information, de Prévention et de Consultation en Cancérologie
15, Boulevard LeÏ Roure - 13009 Marseille
(parking payant IPC2)

Renseignements et inscriptions

Marina Chacal
Tél. : 04 91 22 33 59 - Fax : 04 91 22 38 55
Courriel : chacalm@ipc.unicancer.fr
Inscription gratuite mais obligatoire
Nombre de places limité


« On ne sait pas guérir cette maladie. C’est une phrase qu’on met un petit
moment à comprendre. Ça paraît incroyable. Certains d’ailleurs mettent en doute votre parole. Comment, au XXIe siècle, on greffe des cœurs, des visages, on crée des organes artificiels et on ne sait pas guérir cette maladie ! L’indignation est à son comble, on vous en veut presque de révéler un tel scandale. Apparaît alors le fameux joker des “progrès de la science”. Bientôt sans doute, comme le reste, on saura… Je ne veux même pas entendre cette phrase. Elle m’exaspère. Ils ne veulent pas comprendre que je ne guérirai pas. Je ne vais quand même pas faire semblant pour les rassurer…

Je ne guérirai pas. Je suis, pour le reste de ma vie, atteinte d’une maladie. »
Claire Marin, Hors de moi.

En 2008, la philosophe Claire Marin a publié un premier roman, Hors de moi
(éd. Allia), Prix littéraire de l’Académie de Médecine. Par ce récit, elle devenait la plus authentique des voix et la plus fine des plumes, de tous les patients. Elle y narre avec minutie les états physiques et émotionnels induits par la maladie, la servitude du corps et de l’esprit, les espoirs, les peines. Elle fait de son roman personnel, le véritable roman de toute maladie et par ses mots, elle universalise son mal, nous montrant combien l’expérience de la souffrance et de la maladie contamine le sujet et la totalité de son existence mais aussi ses proches et ceux qui prennent soin de lui.

La même année, Claire Marin publie un essai, Violences de la maladie, violence de la vie (Armand Colin), Prix Ethique et société Pierre Simon en 2010, qui se veut le rappel, à peine distancié, de cette difficulté que nous avons tous, à reconnaître que, comme la mort, la maladie fait partie de la vie. A la violence de la maladie peut dès lors s’ajouter une autre violence : celle du déni de la réalité même de la maladie.

Si la philosophie a rappelé la nécessité vitale de la maladie, si la psychologie
dynamique a insisté sur l’expérience de la maladie du malade, qui affecte l’identité du sujet, identité corporelle et psychique, identité sexuée et sociale - « L’identité de malade phagocyte toutes les autres » écrit Claire Marin - que vient convoquer l’éthique si ce n’est cette assurance que l’un des enjeux essentiels pour la médecine aujourd’hui est d’articuler au plus près, au plus vrai, l’expérience individuelle du malheur physique et un soin humain et humanisant.

Claire Marin nous parlera de l’actualité de sa réflexion et de son travail de
« philosophe du soin ».


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