Albert Camus L’absurde - La révolte - L’amour

du vendredi 14 juin 2013 à partir de 14H00 au samedi 15 juin 2013 jusqu'à 18H00

Auditorium de l’EMD
École de Management et Développement
Rue Joseph Biaggi
13 303 Marseille
Métro : Gare Saint-Charles

Renseignements et inscription

Tél : 04 91 26 00 20


Colloque international sous la direction de Jean-François Mattéi et Hervé Pasqua
Association Carrefour des Savoirs

Dès ses premiers essais littéraires, alors qu’il était encore étudiant à Alger, Albert Camus savait quel serait son itinéraire d’homme et d’écrivain. On lit à plusieurs reprises, dans ses Carnets, qu’il avait prévu très tôt de construire une œuvre qui passerait par trois « cycles » : le cycle de l’absurde, le cycle de la révolte et le cycle de l’amour.

Le cycle de l’absurde, qui utilise des formes littéraires différentes, le roman, l’essai et la pièce de théâtre, comprend des œuvres comme L’Étranger, La Peste, le Mythe de Sisyphe, Caligula et Le Malentendu. C’est là le point de départ de la réflexion de Camus sur la condition humaine. L’absurde naît du divorce entre le désir humain de sens dans un univers qui en est dépourvu. Le « silence déraisonnable du monde », selon l’expression de Camus, répond à l’appel de l’homme qui cherche à comprendre le sens de sa présence sur terre.

Mais l’absurde n’est que la première étape de l’itinéraire d’un homme à la recherche de lui-même. Une deuxième étape marque le moment de la révolte devant l’injustice de l’histoire qui se greffe sur l’absurdité de l’existence. L’Homme révolté, les Chroniques algériennes et de nombreux textes politiques sur la peine de mort, la bombe d’Hiroshima, les camps de concentration soviétiques, et bien entendu la polémique avec Jean-Paul Sartre et Les Temps modernes, permettent de comprendre la légitimité de la révolte. Elle ne se confond à aucun moment avec la révolution qui trahit toujours ses idéaux de liberté.

La révolte, à son tour, n’est pas le dernier mot de Camus. Il l’a plusieurs fois indiqué, dans ses Carnets et dans ses lettres. Le terme de son itinéraire devait être celui de l’amour. Cet amour infini qu’il portait à une mère sourde, quasi muette, illettrée et un peu retardée, et celui qu’il portait à un père qu’il n’avait pas connu culminent dans Le Premier homme, l’ouvrage posthume resté inachevé du fait de la mort tragique de Camus. Mais il nous reste suffisamment de textes pour approcher cet amour des hommes que Camus n’a jamais séparé de l’amour du monde. L’itinéraire de l’homme est resté inachevé, mais non pas celui du penseur qui a refermé un à un ses trois cycles après les avoir ouverts.


Programme et inscription