Cancer(s) et psy(s) : un embarras ?

le jeudi 14 novembre 2013 de 08:30 à 19:00


S’il semble, comme disait Winnicott, que quelque chose dans la nature humaine soit en attente d’embarras, le cancer sera ici considéré comme envahissant et contrariant le cours de la vie personnelle, conjugale, sexuelle, familiale, sociale, professionnelle, quotidienne et imaginaire des sujets qui en sont atteints, tout autant que de leurs proches et de ceux qui sont appelés à les accompagner, les prendre en charge, les soigner.Lacan dans son séminaire sur l’angoisse noue l’embarras à « l’empêchement » - « mettre quelqu’un dans l’impossibilité d’agir » et « prendre au piège » - suggère que c’est un « en trop » et le considère comme une forme atténuée de l’angoisse. L’étymologie latine d’embarras (tricae) a aussi donné intrigue et tout sujet malade du cancer écrit le roman de sa maladie avec les pleins et les déliés de son histoire, de sa culture, de son éducation, de ses fantasmes,… Une maladie aussi « surexposée » que le cancer ne peut qu’être captive des interactions familiales, sociales, symboliques et imaginaires et de fait s’inscrire comme un avatar dans l’ouverture ou la rigidification des fonctionnements psychiques des sujets qui en sont atteints
mais aussi de ceux qui les accompagnent ou les soignent. La formule freudienne de 1917 : « Le symptôme fourni par la réalité devient immédiatement le représentant de toutes les fantaisies inconscientes qui épiaient la première occasion de se manifester » a bien du sens !

Les psys aussi sont souvent empêtrés dans leurs représentations, leurs fantasmes, leurs théorisations, leurs écoles,… leur roman du cancer. Faisons retour une dernière fois à l’étymologie, puisque le tricae latin a aussi donné tricher. Les psys trichent- ils avec le cancer, en ce qu’ils griment son réel ou
reconstruisent son sens et son histoire ? Comment de cet embarras fécond, de cet incontournable trouble, extraire créativité et empathie, comment s’extraire de la fascination qu’exerce cette « longue et douloureuse maladie » et comment aider les malades, leurs proches et ceux qui les prennent en charge, à penser et à vivre ?


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