Le temps, les contractions du temps dans la maladie chronique

le vendredi 24 janvier 2014 de 08:30 à 17:00

Hôpital san Salvadour
salle des Paons
4312 route de l’Almanarre
83400 Hyères

Renseignements et inscriptions

Brigitte Savelli Tél : 04 94 38 08 09
courriel : brigitte.savelli@ssl.aphp.fr


Comment envisager ce temps étrange, incertain, équivoque de la maladie chronique ou du handicap, au-delà de ses limitations et d’une insurmontable désespérance ?
Comment penser dans de telles conditions habituellement assimilées à l’expérience d’une survie, l’horizon d’une liberté, la reconstitution de la continuité d’une histoire ?
La temporalité si particulière du parcours dans la maladie justifie une capacité de retour sur soi, d’intériorisation, à son rythme et selon un tempo toujours singulier.

Exercice de patience, parfois redoutable lorsque l’on se confronte à ce que la maladie a fait de nous, le temps d’apprentissage et de reconquête de ce qui demeure malgré tout est lent, sinueux, risqué, incertain, douloureux.
Conscience subite à la fois de l’éphémère et de l’essentiel, de ce qui se dissipe mais également de ce qui demeure ou al ors se révèle dans ces circonstances parfois extrêmes, investir le temps présent peut signifier aussi réinventer son existence, y croire à nouveau.

« Il convient de se laisser du temps, de ne pas précipiter les choses », nous confient comme une promesse de lendemain moins malheureux, ces soignants si proches de la personne en ces moments insupportable où semble s’anéantir le passé. Par quelles médiations se réconcilier avec une vie ainsi défaite, retrouver une certaine prise sur le réel, se projeter à nouveau dans une possibilité de devenir ?

Qu’en est-il dès lors de ce temps hospitalier, de ces séjours parfois au lon g cours, voire jusqu’au terme de la vie de l’exigence d’un soin digne, attentif à l’autre dans son cheminement de vie ? Que signifie notre attachement à une existence qui ne tient plus qu’au mouvement d’une paupière, à l’expression incertaine d’un éveil, au souffle maintenu par la machine, à cette persistance d’une présence énigmatique dont on scrute la signification ?

Emmanuel Hirsch


Programme