Classification et catégories en psychiatrie : enjeux éthiques

le vendredi 29 janvier 2016 de 09:00 à 17:00

Amphithéâtre HA1
Hôpital Adultes de la Timone
264 rue Saint-Pierre
13005 Marseille

Renseignements et inscriptions

inscription en ligne : cliquez-ici
Tél : 04 91 38 44 26
Fax : 04 91 38 44 28
Courriel : secretariat.eem@ap-hm.fr


Classification et catégories en psychiatrie : enjeux éthiques

La classification des troubles psychiques habite la psychiatrie depuis sa naissance. Précédant largement toute ambition thérapeutique, ce projet classificatoire, aux limites sans cesse disputées, échappant à toute forme stabilisée, trace une genèse réciproque et passionnante dans laquelle la psychiatrie se définit conjointement à son objet d’étude.
Les difficultés d’un projet catégoriel en psychiatrie sont multiples. Le symptôme apparaît rapidement dans la fragilité de l’intersubjectivité et de la culture où il se livre. Faute de désordre anatomo-clinique identifié, le trouble psychique échoue souvent à accéder au statut étiopathogénique de la maladie. Surgit alors un questionnement sur la nature et la signification de ce qui se manifeste : maladie, manifestation de l’être, adaptation aux contraintes familiales, sociétales... Au-delà de ces problèmes de cohérence interne, comment poser les limites externes du champ de cette volonté organisatrice : jusqu’où et comment la souffrance psychique et le malheur de l’homme concernent-ils la psychiatrie ?
Nous ne saurions nous contenter de rabattre ces difficultés classificatoires sur un plan technique (légitimité de telle ou telle catégorie), ou de n’y voir que l’occasion d’affirmer complaisamment une identité professionnelle (« pour ou contre le DSM ? »). Nous ne saurions reculer devant cette complexité. Aussi, nous voulons interroger les usages de ces classifications, leur nécessité, leur légitimité, leur articulation avec la pratique clinique et leurs effets sur les patients. Seront questionnées les catégorisations à l’œuvre dans le choix d’unités spécifiques selon la situation légale, pathologique ou diagnostique. Nous devons nous pencher sur de nouvelles lignes de partage qui proposent de remodeler notre façon d’envisager le soin (la notion de rétablissement par exemple) ou la maladie (les « entendeurs de voix »).
La vocation de ce colloque est d’inviter à cette réflexion, en cherchant un chemin entre un recul théorique - auquel participeront historiens, philosophes, psychanalystes et sociologues - et la pratique psychiatrique, tant au niveau de la clinique singulière, que des actions institutionnelles et sociétales. L’éthique médicale en sera le fil conducteur.


Argumentaire Programme Affiche