Colloque : « Qu’est-ce que la génétique apporte à la psychanalyse ? » - Ethique, Génétique et Psychanalyse

le jeudi 3 mars 2016 de 09:00 à 17:00

Salle de conférence de l’Institut Paoli Calmettes (IPC)
232 Boulevard Sainte Marguerite
13009 Marseille

Renseignements et inscription

Département Enseignement et Formation de l’IPC
Marina Chacal Tél. : +33 (0) 4.91.22.33.59 Fax : +33 (0) 4.91.22.38.55
Courriel : chacalm@ipc.unicancer.fr


Thème : « Entre exigences ou refus de soins, la question de la demande dans la médecine moderne »

Journée organisée par le département de psychologie clinique, le service d’Oncogénétique de l’Institut Paoli Calmette, le département de génétique de l’hôpital Enfants de la Timone et l’EEM/EE-PACA-Corse/UMR 7268-ADES

Le mode de relation entre patients et soignants a évolué, notamment avec la Loi relative aux droits des malades (loi du 4 mars 2002) qui consacre le droit du patient à être informé sur son état de santé et à participer activement aux décisions qui le concernent. Cette loi a légitimé l’autonomie du patient décideur pour sa santé, inscrit dans le concept de « démocratie sanitaire » apparu lors des Etats Généraux de la santé en 1998-1999.
A l’ère de la mondialisation des connaissances et de l’échange des savoirs en toute transparence, on assiste à la multiplication des sources d’information : les patients cherchent de plus en plus à s’informer. La relation entre le médecin « supposé savoir » face au patient « supposé ignorer » n’est plus de mise.
Ainsi, lorsqu’il refuse des soins prescrits ou exige telle ou telle prise en charge, le patient semble s’ériger en prescripteur à la place du prescripteur…
S’il est clair que refuser des examens, des traitements ou une prise en charge est la contrepartie obligatoire du principe du consentement informé, libre et éclairé, cela ne va pas toujours de soi pour les soignants. Lorsqu’un refus de soins (le mot soin étant pris au sens large) semble aller à l’encontre des règles de bonnes pratiques, des protocoles établis, parfois du bon sens, lorsque ce refus de soins risque d’entrainer une perte de chance voire un risque vital, les soignants s’en inquiètent. Le refus, tout acceptable qu’il soit, est souvent perçu comme le signe d’une auvaise alliance thérapeutique. Le patient qui affirme ainsi son choix
est forcément suspect : vulnérable, à l’autonomie altérée, en difficulté pour comprendre les enjeux, incohérent ou irresponsable ; il faudrait le protéger contre lui-même. En contrepoint, les patients d’aujourd’hui confrontés aux progrès considérables de la médecine moderne, convaincus par les discours triomphants des pionniers des biotechnologies, peuvent demander à bénéficier de tout nouveau traitement ou de toute exploration biologique ou radiologique d’exception, dès lors qu’ils en ont entendu parler. Ils se décrètent (ou sont ainsi désignés) experts de la maladie dont ils souffrent. Ils viennent donc naturellement négocier leur accès aux technologies les plus pointues même si elles ne semblent pas toujours indiquées dans leur cas. Ces demandes, souvent vécues comme des exigences inappropriées, mettent à mal des soignants dépossédés d’une de leur prérogative principale : « poser une indication », « prescrire une prise en charge ». Le médecin ne déciderait-il plus pour le patient ? La médecine moderne offre l’illusion
d’un champ des possibles illimité, qui donne le vertige, pouvant mettre à mal le dialogue médecin-malade, tant du côté de l’impuissance (renoncer à agir) que du côté de la toute-puissance (faire tout ce qui est possible de faire).
L’objet de cette 9ème journée « Qu’est-ce que la génétique apporte à la psychanalyse » sera de tenter de dépasser, à partir de la pratique clinique au quotidien, cette vision dichotomique, en acceptant d’écouter la demande autrement que comme une demande d’agir, demande autoritaire ou exigeante, d’entendre tout appel adressé à la science comme un appel au secours d’abord adressé.


Programme Bulletin d’inscription