Ciné éthique "Hors normes"

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Plus de 170 personnes se sont réunies (professionnels, familles de personnes autistes, cinéphiles), ce jeudi 7 novembre au cinéma « les variétés » afin de découvrir le film « Hors Normes » et assister, pour la majorité des participants, au débat qui suivait.

Le Dr PUTTO-AUDE, de par son expérience, confirme la justesse de cette réalisation, tant sur le comportement des personnes autistes que sur les difficultés d’accueil des cas les plus complexes. Elle souligne le grand engagement, la générosité et les personnes formidables que sont les professionnels travaillant autour de ces personnes singulières.

Mr Jean, Educateur Spécialisé en Médiation animale, précise que le bon sens est au cœur de la prise en charge au quotidien, que l’expérience de terrain reste primordiale, car comment enseigner, par exemple, la gestion des crachats ?
Il indique comment l’équithérapie permet aux enfants/adolescents de se canaliser. L’animal inscrit le présent, temps privilégié pour ces personnes pendant lequel leur violence s’apaise immédiatement. L’animal devient le médiateur dans la relation.

Ce film fut l’occasion d’aborder la violence de ce milieu (pour les professionnels, l’entourage et les personnes autistes elles-mêmes), nécessitant un bilan sensoriel pour l’organisation du quotidien de chaque personne autiste, permettant l’acquisition du bon outil de communication afin d’apaiser leurs angoisses.
Il soulève également la problématique autour du professionnalisme des médecins, des paramédicaux et toute personne gravitant dans le monde de l’autisme.
Le film traite de la fermeture potentielle d’une structure dans laquelle les professionnels ne seraient pas suffisamment formés et pour laquelle l’IGAS finit par accorder une autorisation temporaire. Certains participants ont soulevé la problématique de la formation des parents. Des associations permettent gratuitement aux parents de se former à la prise en charge de leur enfant, mais il peut être difficile (voire impossible) pour un parent de se libérer pendant 6h si aucune structure ne vient les soulager.

Enfin, depuis ces dernières années, les dépistages se sont améliorés permettant un diagnostic plus précoce. Or le manque de places dans les structures adaptées et la lourdeur administrative restent toutefois, des obstacles majeurs pour que les parents puissent mettre en place une prise en charge précoce et adaptée à leur enfant. Il semble donc important que ces familles soient aidées.

De nombreuses problématiques éthiques ont été abordées lors de cette soirée : que ce soit l’autonomie laissée à ces personnes autistes, les tentatives de bienfaisance (ou non malfaisance) dans leur prise en charge aussi bien par les professionnels que la sphère familiale et la problématique du "tri" réalisé par certaines institutions qui refusent parfois les situations les plus compliquées.
Une discussion riche, terminée à près de 23h !