Rituels autour de la mort

Par Marc Rosmini, philosophe
Le 1er avril 2020, ma sœur a perdu l’une de ses meilleures amies, morte d’un cancer à l’âge de 54 ans. C’était une femme formidable, mère de deux garçons, pleine d’énergie et d’humanité. Elle est décédée dans un hôpital parisien et, comme toutes les personnes mortes depuis le milieu du mois de mars, elle sera privée d’obsèques. L’ampleur et la nature de la pandémie de Covid19 a brutalement modifié notre rapport aux rites funéraires, aux obsèques, et, disons le clairement, aux cadavres. Certains images (des images mentales en l’occurrence, puisqu’il n’y a que peu de photographies) nous ont profondément marqués, comme par exemple la grande patinoire de Madrid transformée en morgue géante. Les morts sont devenus en quelque sorte surnuméraires, on ne sait pas quoi en faire, et les rites habituels ne peuvent être pratiqués.

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date de publication :02-04-2020