Éthique et responsabilité scientifiques en temps de crise sanitaire

Dans les dramatiques circonstances de la présente pandémie du Covid-19, il nous paraît nécessaire de rappeler quelques considérations sur l’engagement des scientifiques fondées sur des valeurs universelles telles que la solidarité, l’humanisme et la défense des droits humains. Nous sommes membres du Mouvement Universel de la Responsabilité Scientifique/ Sciences et devenir de l’Homme (MURS), une association fondée en 1974 par le recteur Mallet, présidée ensuite par Jean Dausset et Gérard Mégie et aujourd’hui par Jean Jouzel.

Dans la période très dure que nous vivons, la recherche est mobilisée en tenant compte d’une infinité d’éléments relevant de la médecine, de la santé publique, de la chimie, des mathématiques, de l’intelligence artificielle, de l’ingénierie, etc. Les sciences humaines et sociales sont en première ligne pour analyser l’impact de la crise sur les libertés publiques et les comportements des citoyens, et plus généralement envisager les transformations économiques et sociétales pour le futur. Or, le concept de progrès résultant des applications de la science ne fait plus recette aujourd’hui. En outre la multiplication des forums sur les réseaux sociaux facilite la diffusion de « vérités » autoproclamées, voire de thèses complotistes. Nous ne voulons certainement pas minimiser ici l’importance des mobilisations citoyennes justifiées par des sujets d’alerte scientifique, mais il est urgent de (re)nouer une relation de confiance entre les scientifiques et les publics.

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date de publication :13-04-2020