Limites et psychiatrie : enjeux éthiques

Limites et psychiatrie : enjeux éthiques
Sous la direction de : Nicole Cano, Margaux Illy, Frédérique Lagier, Valéry Ravix

Présentation

Passé les bornes, y a plus de limites » : notre époque semble avoir pris au pied de la lettre ce mot d’esprit d’Alphonse Allais (1854-1905). L’injonction est partout de « repousser ses limites », « faire bouger les lignes », « se dépasser ». L’illimité est une promesse ; la limite une provocation, un défi que la science est appelée à relever. Le regard se porte à l’infini, aux confins, vers un homme augmenté pour un destin qu’une vie seule ne semble plus apte à contenir. Pourtant la limite n’est-elle pas aussi inéluctable que nécessaire ? Nous avons besoin de limites pour ordonner, structurer nos espaces, nos actions. Une fois reconnues les bornes, là où l’on ne peut pas aller, cette limite acceptée, respectée, contribue à ce qu’adviennent créativité et inventivité.
La limite en tant que frontière nous aide à penser : « On doit échapper à l’alternative du dehors et du dedans… La critique, c’est l’analyse des limites et la réflexion sur elles. » Cette posture énoncée par Michel Foucault est particulièrement pertinente dans l’exercice de la psychiatrie, discipline médicale singulière qui questionne la notion de « limite » à bien des égards. Frontière ou continuum entre le normal et le pathologique ? Existerait-il des bornes, des seuils, des barrières entre santé mentale et contrôle social, voire contrôle de l’ordre public ? Troubles, dysfonctionnement, désordre, pathologie, handicap… comment construire une nosographie quand les repères sont mouvants, fonction de la norme et des valeurs ambiantes ou même des attentes sociales ? Que nous disent ceux qui se tiennent aux limites, qui ne semblent plus les percevoir, ou qui délibérément les transgressent ? Sont-ils tous des « patients » ? La limite est aussi réalité tangible : les murs de l’institution, de l’hôpital qui, en délimitant physiquement une aire géographique, marquent un espace de soins. Mais ils définissent aussi des territoires plus symboliques qui renvoient à l’exclusion, à l’entrave faite à la liberté de circuler. Toutes ces questions interrogent profondément notre pratique et la mettent parfois en tension jusqu’à l’inconfort. Qui n’a pas ressenti dans une institution, dans une situation complexe, ses propres limites ? Voire que son action était « limite » ?
La vocation de ce colloque est d’inviter à une réflexion pluridisciplinaire visant à éclairer les enjeux éthiques des limites, tant au niveau de la clinique singulière que des actions institutionnelles et sociétales.

À propos des auteurs

  • Nicole Cano est psychiatre à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, docteure en sciences de la vie et de la santé spécialité Éthique, responsable de la commission « Éthique et psychiatrie » de l’Espace éthique méditerranéen, UMR 7268 ADÉS, Aix-Marseille Université/EFS/CNRS, Marseille, France.
  • Margaux Illy est docteure en éthique, Marseille, France.
  • Frédérique Lagier est psychiatre, chef de service au centre hospitalier Valvert, Marseille, France.
  • Valéry Ravix est ingénieur hospitalier à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, membre de l’Espace éthique méditerranéen, UMR 7268 ADÉS, Aix-Marseille Université/EFS/CNRS.

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Récits cliniques, conflits de valeurs. De l’éthique médicale à la décision concrète


Récits cliniques, conflits de valeurs.
De l’éthique médicale à la décision concrète

Auteur(s) : Perrine Malzac, Marie-Ange Einaudi, dir.
Date de parution : 28 juin 2019

Le monde de la santé confronte les professionnels à des situations critiques qui soulèvent des cas de conscience et révèlent des dilemmes moraux.
En partant de récits d’expériences vécues, les auteurs de cet ouvrage collectif proposent d’illustrer la diversité des questionnements éthiques auxquels sont confrontés les acteurs de santé dans le quotidien de leur pratique. Ces situations, issues de diverses disciplines, touchent à la question des limites, au respect de l’autonomie ou à la vulnérabilité fondamentale de l’être humain. Elles interrogent le sens de la démarche clinique face au sujet malade, du début à la fin de vie, en passant par l’urgence, la chirurgie, le handicap, la psychiatrie...
Cet ouvrage répond à des questions concrètes, à l’aide des situations concrètes. Chaque cas présenté fait l’objet d’une démarche exploratoire des enjeux éthiques, menée dans le cadre d’une délibération, par des professionnels formés à la réflexion éthique. Cet ouvrage d’éthique appliquée aborde les aspects non strictement médicaux de décisions difficiles, aspects psychologiques, anthropologiques, philosophiques ou juridiques ; il porte toute l’attention nécessaire à la singularité du sujet en situation, en explicitant les problématiques rencontrées et les conflits de valeurs en jeu. Par une approche pratique et pédagogique, cet ouvrage illustre l’apport de l’éthique clinique dans l’aide à la décision en situation concrète.

Nombre de pages : 160

Lien vers l’éditeur

Recherches sur l’ embryon : dérive ou nécessité ?


La possibilité d’obtenir des embryons in vitro a permis à des millions de personnes à travers le monde d’accéder à la parentalité. Pour autant, maîtriser la production de l’embryon en laboratoire a engendré de nombreuses questions. La FIV est-elle fiable ? Que faire des embryons non implantés ? Quels soins et quels devenirs pour eux ? La recherche en santé humaine peut elle bénéficier de ces embryons ?
En s’appuyant sur l’état des connaissances actuelles, ce livre répond à toutes ces questions – et à bien d’autres. Il brosse un panorama à la fois scientifique, juridique, éthique et – surtout – objectif de cet épineux sujet. Il offre ainsi un regard original et parfaitement actualisé sur l’embryon humain, et formule des propositions concrètes susceptibles d’éclairer les débats à venir dans le cadre des prochaines révisions de la loi de bioéthique.

128 pages • 12,5 × 19 cm
ISBN : 979-10-96935-33-8

  • Pierre Jouannet, professeur émérite à l’université Paris Descartes, a mené des recherches sur les aspects fondamentaux, cliniques et éthiques de la fertilité humaine.
  • Bernard Baertschi a enseigné la philosophie morale et la bioéthique à la faculté de médecine et au département de philosophie de l’université de Genève.
  • Jean-François Guérin est professeur de biologie de la reproduction au CHU de Lyon.

Retrouvez l’interview du Professeur Pierre Jouannet

Anticiper, prévoir, prédire en psychiatrie : enjeux éthiques

Anticiper, prévoir, prédire sont des thématiques qui parcourent l’histoire de l’humanité ; elles jalonnent la vie quotidienne, le champ des sciences, les pratiques de la médecine et de la psychiatrie. Dans un temps perpétuellement fuyant où le présent est chargé du passé comme du futur, que recouvrent ces concepts et quels en sont leurs différents usages tant sur le plan historique que dans la société contemporaine ?

Dans notre monde de planification visant à garantir l’efficacité et la sécurité, comment soignants et patients sont-ils pris dans ces perspectives d’approche du futur ? De manière générale, le thérapeute doit aider le malade à construire ou reconstruire son avenir : le projet de soin redonne une temporalité et va permettre de penser, d’anticiper, de prendre les devants. Il est également légitime de prévoir et prévenir les évolutions préjudiciables.Mais nos choix thérapeutiques peuvent aussi être porteurs de détermination, de prédiction, et s’opposer parfois à la créativité et aux capacités d’initiative. Par ailleurs, de nouvelles perspectives émergent avec des procédures innovantes telles les directives anticipées, ou d’autres modèles d’envisager la santé et le soin comme la médecine prédictive.

Aussi, nous voulons interroger en quoi la prévision et l’anticipation participent d’une organisation pertinente de la prévention, du soin et de l’autonomisation du patient, ou, au contraire, d’une limitation de ses possibilités évolutives, et de celles de son entourage familial et soignant.

La vocation de ce colloque est d’inviter à une réflexion multidisciplinaire visant à éclairer les enjeux de l’anticipation, de la prévision et de la prédiction en psychiatrie, en ayant pour fil conducteur l’éthique médicale.

Site web de l’éditeur : cliquez-ici

Tests génétiques : illusion ou prédiction ?

Depuis le premier décodage du génome humain, terminé en 2004, les connaissances génomiques ont tout bonnement explosé. À tel point qu’il ne paraît pas absurde de parler de révolution génétique. Dorénavant, chacun d’entre nous peut, pour quelques centaines d’euros, faire séquencer son ADN. Cela ne va pas toutefois sans susciter de nombreuses questions : comment fonctionnent ces tests génétiques ? à quoi servent-ils ? sont-ils efficaces ? peuvent-il nous aider à nous soigner ? à prédire nos maladies ? quels problèmes éthiques posent-ils ?

Cet ouvrage fait le point sur les travaux les plus actuels dans le domaine. Il répond de manière pédagogique aux nombreuses questions que posent les tests génétiques. Il apportera notamment à chacun les outils pour évaluer et comprendre les enjeux actuels et à venir, aussi bien en matière de santé (prévention, traitement, etc.) que du point de vue social (déontologie, cadre légal, perspectives, etc.).

Questions de conscience De la génétique au posthumanisme

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Mon corps est-il ma personne ou est-il une chose ? S’agit-il simplement d’un ensemble de pièces que l’on peut remplacer, ou d’une enveloppe que l’on pourrait changer ? Notre destin est-il, tout entier, inscrit dans nos gènes ? Avec le développement des techniques de procréation médicalement assistée, l’enfant demeure-t-il un sujet de droit ou devient-il un objet auquel on aurait droit ? L’aventure humaine est-elle réellement menacée par le posthumanisme ? Que penser enfin des promesses d’un homme manipulé et amélioré par le transhumanisme, grâce aux nanotechnologies, aux biotechnologies, à l’informatique et aux sciences cognitives…

Jean-François Mattei nous propose un retour à une culture du doute, nécessaire pour armer notre pensée face aux défis à venir. Nous invitant à une réflexion éthique, philosophique et politique, il nous amène à nous demander si, modifiant notre humanité, nous pourrions néanmoins rester humains…

L’humanitaire à l’épreuve de l’éthique

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La "fin" humanitaire justifie-t-elle tous les "moyens" ? Le Professeur Mattei, qui a dirigé pendant près de 10 ans une des plus importantes organisations humanitaire au monde, revient ici à ce qui fait sens dans l’action humanitaire. Son cadre est en perpétuelle mutation, de nouvelles puissances émergent et, sur le terrain, les humanitaires occidentaux se trouvent confrontés à de profonds changements. Les Etats qui bénéficiaient de l’aide humanitaire affirment leur souveraineté et veulent mettre un terme aux derniers signes d’un néocolonialisme révolu en assumant eux-mêmes l’aide à leurs populations. Les frontières reprennent tous leurs droits mettant un terme à la doctrine du sans-frontièrisme ! Désormais, nombres d’ONG du sud peuvent afficher de solides compétences et se prévaloir de réels succès. L’Occident n’est plus la seule référence. Pour l’ancien ministre, il s’agit de tracer les perspectives d’un nouveau chemin pour construire la future unité de l’action humanitaire. L’analyse des grandes catastrophes comme le tsunami du sud-est asiatique (2004) ou le tremblement de terre en Haïti (2010) permet de faire évoluer les analyses et les pratiques. Ce livre est un appel pour que l’humanitaire se réfère à l’éthique car c’est l’éthique qui fera entrer l’humanitaire dans la modernité et il est grand temps de placer la victime au centre de toutes les actions qui s’engagent pour elle en respectant sa pleine autonomie. Nelson Mandela ne disait rien d’autre : "Tout ce qui est fait pour moi sans moi est fait contre moi".

Liberté et contraintes en psychiatrie : enjeux éthiques

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La thématique « Liberté et contrainte » touche à l’essence même de la psychiatrie. Historiquement, elle est indissociable de la notion d’espace que la société se donne pour soigner.

Cette thématique touche aussi à l’essence même de la maladie et au projet simplement humain du patient, celle d’une quête de sa liberté intérieure entravée par les troubles psychopathologiques.

Cette question est importante parce que les réponses apportées en termes de soin conditionnent le degré de liberté et de contrainte du patient et le regard de la société sur les malades, leurs proches et ceux qui les prennent en charge.

Née dans la contrainte de l’asile, l’histoire de la psychiatrie est émaillée par la suite de tentatives d’émancipation pour avoir plus de liberté dans les soins.

L’ouverture des hôpitaux vers la cité, qui s’est opérée progressivement dans la deuxième partie du vingtième siècle, a-t-elle supprimé la contrainte et les problèmes qu’elle pose ? Contrainte symbolique qui structure et resocialise, ou contrainte réelle non légitimée par des considérations thérapeutiques qui écrasent les potentialités de chacun ? Depuis les années quatre-vingt-dix, la psychiatrie a été confrontée à de nouvelles exigences, liées à des changements dans la conception de la maladie et du soin, à la promotion de l’individu citoyen et l’extension de la sphère du droit, aux restrictions budgétaires.

Quelles sont les formes actuelles de la contrainte en psychiatrie et ses conséquences en termes de liberté et d’autonomisation pour les patients, leur entourage et les soignants ?

Quels sont les enjeux éthiques soulevés par les récentes évolutions législatives et sociétales qui interrogent, voire percutent ces notions ?

L’objectif de cet ouvrage est de proposer une réflexion sur la question de la liberté et de la contrainte à travers une approche pluridisciplinaire du soin psychiatrique.

le gouvernement des émotions

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couverture

Polémiques, faits divers, téléréalité… Partout, c’est l’émotion qui triomphe. Le pouvoir médiatique fait vibrer la corde sensible au rythme de stimulations sonores et visuelles qui produisent une véritable fièvre émotionnelle. Le pouvoir politique joue sur les mêmes ressorts.

S’il est vrai que l’émotion est le cheval de Troie de la manipulation, cette débauche d’incitations à adhérer plutôt qu’à réfléchir soulève des enjeux éthiques majeurs. Car, quand nos émotions sont dévoyées, ce sont nos jugements de valeur qui se trouvent pervertis. Sommes-nous désormais voués à être gouvernés par les émotions ? De quelles ressources intérieures disposons-nous face à ce tapage ?

Pierre Le Coz plaide en faveur d’un rationalisme critique qui mette à jour les rouages des stratégies manipulatrices. Avec cet essai, il apporte une réflexion salutaire pour déjouer les oppositions simplistes et restaurer la complexité des débats de société.

La recherche sur les cellules souches. Quels enjeux pour l’Europe ?

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Cet ouvrage paru en 2013 est l’œuvre de Maître Annagrazia Altavilla, Maître de conférences associé à l’Espace Ethique Méditerranéen de l’Université d’Aix-Marseille.

Préface du Professeur J.F. Mattei, , ancien Ministre de la santé, professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille

Postface du professeur Adriana CECI de l’Université de Bari (Italie), ancienne députée européenne.

Dans le secret de nos organes, les cellules souches, véritable « fontaine de jouvence », régénèrent régulièrement nos tissus tout au long de la vie. Les enjeux liés à l’utilisation de ces cellules sur un plan scientifique, éthique, juridique, économique et de société sont nombreux. Ces cellules ont-elles aussi pu être les « progéniteurs » d’un nouveau modèle de gouvernance visant à l’adoption de normes en matière de bioéthique et de biomédecine ? Peuvent-elles avoir contribué à un processus d’ « européisation » d’un domaine aussi sensible que celui des Sciences de la Vie ? S’inscrivant dans une perspective comparative, pluridisciplinaire et transdisciplinaire, ce travail présente l’état le plus actuel des connaissances et des débats éthiques concernant les cellules souches. Il a comme objectif de nous livrer l’étendue des évolutions scientifiques et des changements juridiques déterminés par les espoirs placés dans la médecine régénératrice. À travers l’analyse des débats éthiques et des évolutions normatives en matière de recherche sur les cellules souches, Annagrazia ALTAVILLA expose le développement et l’application du droit européen dans le domaine de la santé et de la bioéthique. Elle dévoile en particulier le processus qui, en l’absence d’une compétence spécifique de l’Union européenne, a conduit à l’adoption de règles dans le domaine de la bioéthique et montre les impacts de celles-ci sur les législations nationales. L’auteur explicite aussi les interactions entre débat éthique et droit, ainsi que le rôle des comités consultatifs d’éthique dans le processus législatif en matière de bioéthique.

Présentation de l’Auteur

Annagrazia ALTAVILLA, Docteur en Sciences de la Vie et de la Santé, est avocate au Barreau de Tarente (Italie) et Maître de conférences associé à l’Espace Éthique Méditerranéen de l’Université d’Aix-Marseille. Spécialiste reconnue en droit européen de la santé et de la bioéthique, elle collabore depuis plusieurs années avec des sociétés scientifiques et institutions, nationales, européennes et internationales. Ancien membre du Comité Pédiatrique de l’Agence Européenne des Médicaments, elle participe à de nombreux projets européens au titre de son expertise dans le domaine de l’éthique.

Ou va l’humanité ?

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Un éclairage indispensable sur les enjeux éthiques et sociétaux qui ont trait à l’avenir même de notre espèce.

Avec l’emprise des technologies nouvelles sur le corps ou l’esprit humain –biomédecine, nanotechnologies, fantasme de l’homme augmenté, robotisation de l’homme –, la nature même de l’homme n’était-elle pas mise en danger ?

À l’heure où notre espèce n’est pas loin d’entrer dans l’ère de la post-humanité, un cri d’alarme de deux de nos plus éminents professeurs de médecine.

Selon le professeur Nisand, l’homme est un « néotène », c’est-à-dire un être inachevé à la naissance, intrinsèquement prématuré et donc dépendant pour sa croissance de sa relation à l’Autre. Ainsi, de cette « faiblesse » native, devient-il être de culture, capable de s’accorder au monde par la parole ou les symboles. Peut-on alors sans risque pour l’humanité, « combler » par la technique cette vulnérabilité constitutionnelle de son être et moteur de son évolution ?

Pour le professeur Mattei, le vrai danger est le projet en cours d’instrumentaliser le corps humain et au-delà son esprit et sa conscience ? Avec la tentation de réduire le corps humain à un simple agrégat d’organes que l’on pourrait remplacer jusqu’à atteindre « l’immortalité ». L’homme doit-il être traité comme une simple chose au nom de l’efficacité ? Sommes-nous propriétaire de notre corps ou bien dépositaire d’une évolution qui le dépasse ?

Questions d’Ethique Biomédicale

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questions d’éthique biomédicale

On retrouvera l’ensemble des conférences dans Le livre Questions d’Ethique Biomédicale. Cet ouvrage dirigé par Jean-François Mattei avec la collaboration de Jean-robert Harlé, Pierre Le Coz et Perrine Malzac est un bon support pour appréhender les différents concepts abordés lors de la semaine de conférences du 6 au 10 Décembre 2010. Il propose aussi de bonnes pistes de réflexion à propos des thématiques qui seront étudiées lors de la deuxième semaine de conférences du 17 au 21 janvier 2011.

" Science sans conscience n’est que ruine de l’âme " écrivait déjà Rabelais... Il est vrai que la fascinante évolution des disciplines médicales ces 30 dernières années, principalement liée aux extraordinaires progrès technologiques récemment accomplis, nous oblige à repenser certaines questions cruciales concernant l’homme et sa conduite. C’est le but que se sont fixé Jean-François Mattei et ses collaborateurs en rédigeant cet ouvrage. La relation de soins qui s’établit entre le médecin et son patient se doit de respecter des règles comme celles de l’information, du consentement éclairé ou du secret médical. Mais elle doit également considérer, dans sa finalité, la personne et sa demande particulière : en situation comparable, les demandes peuvent être radicalement différentes. Les décisions ne s’imposent alors plus d’elles-mêmes. Les principes d’éthique, se fondant sur le respect de l’autonomie et de la dignité humaine, tentent de guider le médecin dans sa pratique, depuis l’assistance médicale à la procréation jusqu’à l’accompagnement de fin de vie. Mais que dire de l’expérimentation humaine, du clonage reproductif ou de la recherche sur les cellules souches Dans ces domaines également, les positions peuvent diverger et le questionnement éthique se fait prégnant. Fruit de l’exceptionnelle expérience des auteurs, ce livre à vocation pédagogique entend apporter sa contribution au débat de société actuel qu’est l’éthique biomédicale.